La fin de semaine dernière, les championnats du monde de slalom avait lieu à Ottawa, au Canada. Cela n’était pas arrivé depuis plus de 20 ans. Grâce à la proximité et l’envergure de l’événement, nous avons été plus d’une vingtaine de québécois à courser lors des deux jours de compétitions. Il y avait trois épreuves au menu, tight slalom, hybrid slalom et giant slalom.
Pour vous donnez un avant goût de ce qui suit, lisez cet article sur le blog de Team Québec.
Sur un terrain connu, les québecois ont très bien fait lors de la première journée où l’on coursait dans un tracé très serré donc assez difficile. Plusieurs riders n’ont pas réussis à se qualifier en deux descentes en raison du haut niveau de difficulté du tracé. Je vous invite à cliquer sur tight slalom pour voir les qualification et les courses de la division pro.
Pour ma part, je me suis qualifié sixième malgré une disqualification à ma première descente. Vous comprendrez que le stress est à son comble lorsque vous perdez l’une des deux chances de bien vous placer pour les duels. Lorsqu’une telle situation arrive, on fait une descente moins vite pour être certain d’avoir un temps donc je savais que ma sixième position ne représentait pas mon potentiel.
Premier duel, Kevin Delainy! Je me disqualifie encore lors de ma première descente donc je vois toutes les chances de remonter au classement s’envoler… Cinq minutes plus tard, on m’apprend que lui aussi est disqualifié pour avoir touché trop de cône! HA! Voilà ma chance de me reprendre. À partir de ce moment, l’adrénaline augmente continuellement. Je passe aux rondes de huit en battant Kevin lors de la deuxième descente. Prochain adversaire, Seb Léger, compatriote de la famille Fullbag et troisième en qualification. La tension est haute. Nous donnons deux bonnes batailles en spectacle et je remporte la différence des deux descentes. Lors de ces quatres dernières descentes, je n’ai cessé de changer mon équipement, je n’arrivais pas à trouver le bon combo de bushing avant pour attaquer le tracé et pouvoir remonter dans la troisième courbe. Je suis maintenant en demi-final contre le leader, Janis Kuzmins. Janis nous éblouit depuis le début de la journée en effectuant les meilleurs temps et en se positionnant premier en qualification. La tension dans mon camp est maintenant beaucoup moins grande. Je suis assuré de finir dans le top quatre et je me vois mal passé devant Janis donc, je m’amuse. Ainsi, je deviens confiant devant le tracé qui m’a auparavant, donné beaucoup trop de sueurs froides. À ma deuxième descente, je commence à pousser dans le tracé mais Janis est loin en avant. Peut-être l’année prochaine. Prochain adversaire, Richy Carrasco! À toutes les courses internationales, je skate avec Richy et je me classe toujours un peu en avant de lui donc je suis très confiant. Je fais deux bonnes descentes et je gagne ainsi la troisième place en tight slalom au championnat du monde dans la division Pro! Un de mes objectifs de la fin de semaine est déjà atteint lors de la première journée, on peut dire que ça se passe bien pour l’instant.

Samedi, 20 août. Le ciel laisse croire encore aujourd’hui à une journée parfaite. De plus aujourd’hui, la côte est parfaite! Très longue, en ligne droite, dénivellation constante, un pavé très rapide et sans imperfection. Une fois le chronomètre installé, les pratiques et les qualifications commencent pour les femmes et les plus jeunes. Je prends le temps de marcher la côte et de bien analyser le tracé. Vraiment le plus beau spot de slalom que j’ai roulé de ma vie. En plus, le tracé est fluide, rapide et très peu technique. Après quelques heures à attendre, le tour des pros arrive. Soudainement, le ciel se couvre et un orage approche. Les organisateurs commencent à avertir que si l’orage tombe, seulement les temps de qualification seront retenus pour le classement.
Normalement, on essaie de faire une première descente de qualification en mode sécuritaire pour s’assurer d’avoir un temps et de passer aux éliminations. Si cette méthode fonctionne bien, on donne toute la gomme à la deuxième descente pour améliorer notre temps et sans soucis de se disqualifier. Malheureusement avec l’orage qui approche, on se demande si on aura le temps de faire deux descentes. De plus, il n’y aura pas de pratique pour les pros, question de maximiser le temps. Mon tour arrive finalement et le vent souffle très fort. Ça va aller vite! Je pompe le haut du tracé avec beaucoup d’efficacité, ça va bien et ça va aussi très vite. Je roule clean et à fond.

J’arrive au trois-quart du tracé et je passe droit à l’un des cônes plus éloignés! MERDE! Tout allait bien et maintenant je suis dernier, comme hier… L’orage passera droit et mon tour approche de nouveau. Puis, un nouvelle orage apparait tout d’un coup et va assurément se déverser dans quelques minutes. Encore! C’est à moi! Quoi faire? Pousser fort pour avoir un temps compétitif et prendre la chance de faire la même erreur ou rouler « safe » ? Aucune idée! J’y vais finalement au fond sans même y penser. Je prend beaucoup mais beaucoup de vitesse. Encore! Je touche quelques cônes qui me coûteront de précieuses secondes. Et puis j’arrive au trois-quart du tracé et je fais la même erreur! MERDE! Trop de vitesse. Encore! Je prend la ligne trop à l’intérieur mais je réussis de justesse à toucher le cône et à continuer dans le tracé! Je pousse le plus que je peux! Je passe la ligne d’arrivé satisfait mais inquiet des pénalités. Disons que j’ai eu chaud. J’entends l’animateur et la foule s’animer au loin. Cool! Je crois entendre 3eme! Super! Je croise le père de Hubert en montant et il me dit premier. Ben non! Ça doit être mon temps sans pénalité. Emilie, ma belle blonde, me rejoint en courant et me dit que je suis premier. Non? Ça doit être sans les 4 pénalités. On s’empresse d’aller vérifier à l’écran et c’est bien le cas. Belle surprise! Quelques autre coureurs se qualifient encore mais ils ne réussissent pas à me devancer. Et tout d’un coup, l’orage est arrivé, la pluie tombe. Tout le monde se mets à l’abri. Et moi je me dit alors; victoire! hahaha Drôle de victoire. Passer de dernier à premier. J’obtiens ainsi le titre de Champion du monde en slalom hybrid division Pro! C’est un rêve qui se réalise et c’est dans ces moments que l’on constate que l’ascension est plus plaisante et plus longue à apprécier que le sentiment de l’accomplit. J’aurais vraiment aimé faire des duels dans ce tracé parfait et travailler fort pour remporter ce titre mais passer de dernier à premier fût toute qu’une expérience.

Dans ma skate liste de choses à accomplir, je viens d’en rayer une importante. Maintenant, défendre son titre c’est deux fois plus d’effort.
Après la pluie vient le beau temps. L’asphalte a séché rapidement et on s’est attaqué au slalom géant. Une descente de pratique et deux descentes chronométrées pour déterminer les positions. Seulement la meilleure des deux descentes est comptabilisée. Le tracé est tout aussi fluide et rapide que le hybrid, c’est parfait. J’obtiens une troisième place à ma première descente! Peut-être un troisième podium? Puis pour la deuxième, j’essaie des roues neuves à l’arrière et une autre tactique; être moins bas et plus pousser. Je n’améliore pas mon premier temps et Martin Reaves puis Adam Schwippert me dépassent. Je monte finalement au cinquième rang. Encore une fois, une très belle session grâce au tracé de Claude, au spot plus qu’idéal et tout ces skaters réunis.
Avec cette cinquième place, je me retrouvais avec 9 points au total des trois événements. Côte à côte avec Janis Kuzmins! Celui-ci monte sur la deuxième marche du podium grâce à sa victoire en duel le vendredi. Je suis finalement sur la troisième marche avec un troisième podium au Championnat du monde de slalom 2011.
1er en hybrid slalom Pro division
3eme en tight slalom Pro division
3eme Overall au championnat du monde de slalom 2011
Je crois aujourd’hui que j’ai accompli quelque chose. Quoi? Je ne sais pas. J’ai probablement eu plus de plaisir durant toutes ces années que si j’avais joué à un tout autre sport. Et jouer est le bon terme.
Allez jouez dehors!
Louis
J’en profite pour vous inviter à visiter et à vous informer sur le futur documentaire Surfer sur la grâce par David B. Ricard, images de Léo Lecours-Pelletier, avec Louis Ricard. Vous pourrez suivre cette ascension vers ma passion qu’est le skate et en apprendre d’avantage sur ma jeunesse.
Visitez www.surfongrace.blogspot.com Attention ce site pourrait nécessiter une deuxième lecture.
Louis